PLATES COUTURES
LES HOMMES ET LA MÉDIATION EN QUESTION
Réception de l’exposition, 2024-…

Contexte & crédits
Plates coutures est une série de portraits cousus de Marie Parent aka Marnie Chaissac. La proposition plastique consiste en une couture au fil rouge et à l’aiguille sur des œuvres picturales représentant des figures féminines.
L’écrivain et artiste-médiateur Joël Kérouanton propose de collecter des paroles de spectateur·ices pendant la diffusion à trois reprises de l’exposition. Quelle fable intime les spectateur·ices inventent à partir de Plates Coutures ? L’auteur propose de mettre en vis-à-vis ces voix sans destin commun a priori, de les mettre « en communauté d’intelligence » par la fabrique d’une « critique collaborative d’art ».
Cela dit, dans le contexte post-#MeToo, la question des modalités de collaboration entre une femme et un homme au sein d’un projet à dimension féministe mérite d’être interrogée. Dans quelle mesure cet homme, qui occupe une place de médiateur et d’auteur dans ce projet esthético-féministe, peut-il recueillir cette parole sans l’agir ? Finalement, ne va-t-il pas opérer, depuis sa position masculine, un possible travail de réappropriation de Plates Coutures, au risque d’en déplacer ou d’en altérer l’intention première ?
En conséquence des risques encourus pour Plates Coutures, et pour la bonne menée de ce futur travail de collecte puis d’écriture collaborative autour de l’exposition, de la performance et de la vidéo qui l’accompagnent, cinq mesures compensatoires sont proposées :
1) l’action est porté par un manifeste (à la couleur d’un Dogme), et comme tout manifeste il donne des appuis, une rampe de lancement, une trajectoire.
2) Joël Kérouanton, qui écrira et signera des critiques collaboratives de Plates Coutures, ne sera jamais seul à mener la collecte de paroles : il agira toujours en présence de figures de controle (au minimum deux femmes), des spectatrices volontaires missionnées pour collecter des paroles à la sortie de l’exposition Plates Coutures. Ainsi, les spectateur·ices auront-i·elles le choix de s’adresser à un homme ou à des femmes.
3) les échanges entre l’autrice de l’exposition et l’auteur des critiques collaboratives seront partagés et mis en discussion par le public et en public. Les spectateur·ices pourront contribuer à la réflexion et, le cas échéant, engager leur rôle de garde fou : Marnie Chaissac et Joël Kérouanton se sont piégé·es tout seul en collaborant ensemble. Il s’agira donc de repérer et de déminer ces pièges au fil de l’action.
4) le texte issu de la collecte de paroles de spectateur·ices est corrigé par une femme, Mélanie Tanous, lectrice-correctrice notamment de la revue féministe La Déferlante.
5) les textes écrits feront usage de la typo open source Bye Bye Binary créée par une collective franco-belge qui explore de nouvelles formes typo·graphiques adaptées à la langue française en prenant pour point de départ, terrain d’expérimentation et sujet de recherche le langage et l’écriture inclusive et post-binaire.
Les mesures compensatoires présentées à ce jour sont susceptibles d’évoluer et d’être complétées au fil de l’action.