
Certains regards d’interprètes sont si puissants qu’une mention « lunettes de soleil recommandées » dans la feuille de salle ne serait pas déplacée. L’éblouissement ne dure jamais longtemps — le plus souvent furtif — mais l’image de ce regard croisant le sien demeure longtemps imprimée sur la rétine de la·e spectateur·ice. Il se murmure même que, parfois, l’éclat reçu imprime la rétine au point de l’inciser légèrement. Comme si le regard d’un corps que l’on dit blessé, oublié, renvoyait la balle au valide, le touchait à son tour, et dessinait ainsi une boucle infinie d’empathie.
Au final, et en jouant sur le quasi-anagramme oublié ↔ ébloui, un corps oublié porte en lui la puissance d’éblouir celui qui le contemple.